Tentative de rencontre sans adjectif

Rose marchait dans la rue depuis la sortie de son immeuble ; elle avait juste regardé les gens qui marchaient autour d’elle, et le bruit qu’ils faisaient tout en observant son silence. Depuis qu’elle avait quitté la douceur de son foyer et la vue qu’elle sur l’avenue qu’elle avait de la fenêtre de son salon, tout en elle semblait s’être endeuillé. Elle marchait sans aucun air, balançant de gauche à droite son buste de princesse, prétextant se rendre au travail, c’était tout du moins ce qu’elle avait eu en tête au moment de longer l’avenue qui bordait les jardins, avant de se rendre compte qu’elle s’était probablement trompée de route.

Rose s’arrêta alors au milieu du trottoir et en regardant autour d’elle, elle s’aperçut que la partie de la ville dans laquelle elle se trouvait, elle ne la connaissait pas, mais que le pylône au pied duquel elle se trouvait, elle l’avait déjà vu en prenant le thé en face de la fenêtre de son salon. Elle qui n’avait jamais accordé d’importance à ce détail se rendit compte que là, tout était comme ailleurs ; plongé dans la masse des gens qui parlaient le même bruit, coulé dans le même béton qui grisait ses sens.

Rose s’arrêta au hasard devant un passage piéton, et ce fut là, en attendant que le flux des véhicules s’interrompe, qu’elle entendu une vois lui adresser la parole :

« -Rose, mais que fais-tu ici ?

-Qui me parle ? S’interrogea Rose en se retournant, cherchant dans la foule d’anonymes le visage qui pour lui adresser la parole s’était posé sur elle.

-Je suis là, juste en face de toi, combien de fois par jour te regardé-je sans que tu ne fasses attention ? Comme de toi je suis épris sans que, égaré dans la routine de ton destin je ne puis te confesser mes sentiments ?

-Enfin, qui êtes-vous ? Insista Rose en sentant la gêne de parler dans le vide, et qui n’avait toujours trouvé personne.

-Hélas ! Comment pourrais-tu me reconnaître, moi parmi tant d’autres, moi qui tantôt marche, tantôt patiente, moi à côté de lui…

-Pardon, fit Rose en haussant les épaules, le feu me dit d’y aller, je dois vous quitter.

-Peu importe, je te veillerai pur toujours, sans que tu ne puisses savoir de quelle couleur je te protégerai ! »

 

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