Incipit

A la fin de l’été, toutes les hirondelles repartirent, jusqu’à ce qu’aucune d’elles ne pût veiller sur les constellations d’hiver. Seules deux d’entre elles demeurèrent derrière la masse noire des migratrices ; l‘une était affaiblie d‘avoir couvé tout l‘été durant et l‘autre avait une aile brisée. Toutes deux retrouvées sur la même branche scrutaient le ciel, attendant la venue du soir jusqu’au jour où tomba la première feuille du platane qui les avait abritées. L’oiseau à l’aile brisée mourut au matin et le second resta à ses côtés, comprenant qu’il était trop tard pour rejoindre la migration. Fébrile, triste et éperdue, la dernière hirondelle se blottit contre le cadavre de son compagnon et attendit l’arrivée des premiers flocons. Se sentant trahie par les constellations d’été, elle levait tous les soirs ses yeux noirs au ciel étoilé et il lui semblait alors entendre quelque chose dans le vent qui coulissait sur les plumes de l’hirondelle morte. Au long de toute sa vie, elle n’avait jamais rien écouté d’autre que le chant des milliers d’autres hirondelles ni admiré d’autre firmament que les constellations d’été.

Les constellations d’hiver parurent lentement et l’âme de l’hiver lui tint un langage nouveau...

 

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