Aube

 Cela faisait un moment que j'avais cette envie d'expérimenter un genre de science-fiction post-apocalyptique, sans toutefois verser dans les clichés du genre et décrire la lutte pour la survie dans un monde ravagé par les détritus du règne humain. Au contraire, c'est le thème du dernier survivant qui est abordé dans Aube, mais une nouvelle fois, à défaut de partir dans une épopée solitaire qui reconstituerait étape par étape le chamboulement de notre civilisation déclinante, je me suis attaché à rester sur un terrain plus merveilleux et mystérieux, où le vide  faisant l'intrigue n'est pas tant la connaissance de ce qui s'est passé quelques années auparavant, que de savoir la façon dont mon personnage en est arrivé là.

 En effet, si Anna se réveille un jour au milieu d'une grande ville déserte mais ne portant pas la moindre trace de destruction, son histoire tout entière ne sera pratiquement jamais concacrée à la recherche de ce qui s'est passé autour d'elle, mais bien à se demander quel est ce monde qui l'accueille et qui la retient inexplicablement ; condamnée à se réveiller tous les jours dans un endroit inexplicablement différent à chaque matin, et à n'avoir que de vagues souvenirs du déroulement de la dernière journée où tout s'était passé normalement, elle ne tarde pas à se rendre compte qu'elle n'est peut-être pas aussi seule que ce qu'elle croit dans ce grand monde vide, d'autant moins que ce dernier ne semble pas non plus parfaitement naturel.

 Ce qui constitue à mon goût le grand défaut de ce projet, c'est la maladresse avec laquelle je me suis employé à déployer autant de mystère et de densité, autant dans la façon dont Anna est passée d'un monde à l'autre, que dans ce qui est arrivé à cet univers qu'elle découvre, et il me semble que la recette ne prend pas, car au final mon idée de base n'y transparaît que très partiellement, et il en devient d'autant plus difficile de la saisir dans son intégralité, que la forme de la narration, quasi épistolaire, était conçue pour être lue dans n'importe quel sens. Bref, si l'histoire me paraît intéressante à retravailler avec le recul, il ne fait aucun doute que ce projet reste marqué par une regrettable frustration, probablement le reflet de la hâte que j'ai eue à le mettre en oeuvre.

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